Conférences d'automne 2016

 

Dans le cadre de son programme d’actions culturelles, la Maison de l’Architecture Midi-Pyrénées propose un cycle de conférences d’automne sur le modèle de celui qu’elle propose chaque printemps depuis quatre ans maintenant. Ces conférences invitent à la découverte de jeunes agences d’architecture européennes et de leurs pratiques.

 

Cet automne, nous nous intéresserons à la thématique « architecture et banalité ».

 

"Herzog & de Meuron emploient généralement des choses ordinaires : des panneaux de contreplaqué, des planches de bois, des éléments de béton, des plaques de tôle, du carton bitumé, des choses telles qu’on les trouve en marge du monde, dans des lieux de stockage par exemple. Les images qu’ils créent avec ces matériaux semblent renvoyer à de tels lieux. Elles semblent d’identifier à ce que l’on a appelé, avec Robert Venturi, « l’architecture ordinaire ». Mais la fascination qu’éprouvent indéniablement Herzog & de Meuron pour cette architecture est d’une autre nature : ils n’y recherchent pas des signes qu’ils puissent utiliser comme preuve de réalisme. C’est justement l’absence de signes codés qui suscite cette fascination. Dans ce contexte, la maison V. à Therwil m’intéresse tout particulièrement. Les éléments béton dont se composent ses murs évoquent les baraques que l’on trouve, par exemple, sur le site de la gare de marchandise de Bâle. Le projet semble ainsi s’installer dans un langage architectural familier. Il présente des signes connus de nous, mais dans un contexte dont l’expérience ­qui est l’expérience des choses en tant que signes ­nous laisse désemparés. La seule issue consiste à voir le sens de ce projet dans la corrosion des signes. Lorsque les mêmes choses sont employées pour une maison, une baraque ou n’importe quoi d’autre, elles se libèrent de l’obligation d’être autre chose qu’elles-mêmes.

"Martin Steinmann, Forme forte, Ecrits/Schriften 1972-2002, Birkhaüser, Berlin, 2003

 

 

The nature of buildings par Xavier Ros Majó, H ARQUITECTES (Barcelone)

Mardi 27.09.2016 à 19h00, salle des écuries à la DRAC de Toulouse*

 

We design comfort- the comfort-related conditions linked to the nature of the building. Organizing material involves designing its behaviour. Conflicts of behaviour are resolved explicitly, unhidden, in the form of the space, and from there we try to synthesize these consequences in a minimum number of building solutions, moving towards an appropriate organization of the material. Our work is synthesised in the space. Sometimes it is the people’s space, sometimes it is the space where the fluids circulate in the building, etc. The space is where all the solutions to the behavioural conflicts are made explicit in an organized coherent way. *

 

*extract from the text ’The Nature of Buildings’, by Harquitectes, ‘El Croquis 181’, 2015

 

Nous concevons le confort -les conditions liées au confort- en fonction de la nature du bâtiment. L’organisation de la matière consiste à intégrer son comportement. Les conflits de comportements sont résolus de manière non dissimulée, en s’intégrant dans l’espace. À partir de là, nous essayons de synthétiser les conséquences de ces conflits en un minimum de solutions techniques constructives, en évoluant vers une organisation appropriée de la matière. Notre travail est concentré sur l’espace. Parfois c’est l’espace des personnes, parfois c’est l’espace du bâtiment dans lequel circule les fluides... L’espace c’est l’endroit où toutes les solutions aux conflits comportementaux sont exprimées d’une façon organisée et cohérente.

 

www.harquitectes.com

 

Infrastructures périurbaines et Factures des choses par Boidot & Robin architectes (Paris)

Mardi 04.10.2016 à 19h00, salle des écuries à la DRAC de Toulouse*

 

« Infrastructures périurbaines » questionne l’utilité sociale de notre production en prenant comme hypothèse que nos bâtiments servent d’infrastructure en tant que supports, de base indispensable à l’édification, au maintien et au fonctionnement de la société. Cette première partie décrit les outils développés pour convaincre nos commanditaires : maquettes pour fixer la position des bâtiments, que nous dénommons « L’art du placement » ; et des coupes perspectives à la main qui permettent de figer les prescriptions très tôt dans les études de maîtrise d’œuvre.

La seconde partie « Facture des choses » évoque notre vision du détail architectural, non pas comme une fin en soi esthétisante, mais comme un condensé des rapports socio-économiques en présence sur un territoire. Tout cela nous pousse à dessiner une architecture rudimentaire, comportant seulement un ou plusieurs éléments coûteux, savamment étudiés, liés à un usage précis, une solution de confort bioclimatique, la mise en relation de différentes parties du programme ou de l’intérieur avec le paysage alentour.

 

www.boidotrobin.fr

 

Dialectes par Guillaume Eckly et Mathias Roustang - Gens, association libérale d’architecture (Nancy)
Mardi 11.10.2016 à 19h00, salle des écuries à la DRAC de Toulouse*

 

Notice : "Les dialectes du monde populaire restent à découvrir et attendent, après tant d'hagiographie pseudo-romantique, de rentrer dans l'histoire."

 

www.gens.archi

 

La main et le tracé par Andréa Viglino - Tartare Lab (Bordeaux)

Mardi 18.10.2016 à 19h00, salle des écuries à la DRAC de Toulouse*

 

Les mains mettent en forme les stratégies mentales qui composent un projet.

Dans les séries de manipulations de la matière, il y peu de place pour le postiche si l'on veut se confronter au temps; la dimension physique conditionne une posture simple et efficace. 


www.tartarelab.com


 

*32, rue de la Dalbade 31000 Toulouse (métro Carmes)